LE VOL DE L'AVIA

Publié le par bleu-ciel-editions.over-blog.com

Tout le monde en parle (enfin, dans le milieu aéro, mais un peu aussi dans la "grande presse"...). 

J'évoque ici le premier vol de l'Avia 152a du Musée Régional de l'Air d'Angers-Marcé. Ce vol est l'aboutissement d'une aventure de dix ans, menée par les menuisiers bénévoles et passionnés de ce musée.

AVIA 152A- 1

Un matin de septembre 2010, sur une piste encore désertée, le planeur a été remorqué discrètement derrière une voiture. Pour la première fois, on l'allait l'aligner sur son axe de décollage et l'instant était un peu solennel pour les opérateurs. 

Christian Ravel et sa (très) grande expérience aéronautique ont revêtu le parachute réglementaire. Les techniciens ont procédé aux ultimes ajustements et mises au point (il reste toujours un petit quelques chose qui cloche...). On a alors accroché le câble au nez du planeur pour quelques sauts de puces sur le gazon, avant de se lancer résolument dans les airs.

Mieux valait connaître les réactions de la bête avant de la baptiser définitivement. Pour faire encore plus dans l'ancien, le remorquage a été confié au bon vieux "Storch" du Musée (un MS-505 construit en 1945). 

L'Avia 152, planeur qui équipait les aéro-clubs avant la Seconde Guerre Mondiale et qu'on construisait alors sur plans au sein des ateliers du club, avait fière allure. Son entoilage translucide laissant deviner sa structure de bois, sa couleur "coquille d'oeuf" rappelant les tons d'autrefois, ses multiples haubans prêts à frémir sous la vitesse (!) du vent relatif, tout était réuni pour un premier vol dans l'ambiance...

Première tentative, le planeur s'élève à quelques mètres du sol. Christian largue le câble et se pose droit devant. Verdict: "pas mal, tout semble conforme et le planeur se comporte normalement...". Deuxième essai, un peu plus haut : les commandes répondent bien, les réglages semblent bons. 

La décision est alors prise: "nous allons faire un tour de piste...", c'est-à-dire un vol complet avec remorquage jusqu'à 300 ou 400 m, prise de terrain et atterrissage complet. Ce qui fut dit, fut fait. Et bien fait. Décollage derrière le Storch, montée à 75/80 km/h jusqu'à 350 m au-dessus de la piste et largage. 

L'Avia, magistral vient toucher le sol en douceur, glissant sur son patin de frêne, comme un baiser à la planète.

Une pensée commune à Jacques Faure, 86 ans, qui a été l'artisan principal et initial de ce projet. Il a commencé à réaliser les nervures des ailes à son domicile, aidé de son épouse, débitant patiemment à l'atelier du Musée, une poutre de spruce (pin d'Orégon) et suivant minutieusement les plans de l'époque.

Petit à petit, une équipe s'est formée autour de lui pour l'aider à conduire le projet à son terme. Michel, Jean-Claude et d'autres ont ainsi contribué avec patience à la construction de ce numéro supplémentaire dans la série des Avia 152A.

Je reviendrai sur cette construction incroyable dans un prochain article.

RG

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