Frémissement

EDITORIAL DE BLEU CIEL MAGAZINE N° 4

par Roger Gaborieau, Rédacteur en chef

 

 

J’aime bien la métaphore culinaire. Elle permet de décrire une situation en devenir avec des termes concrets et évocateurs. Le frémissement, par exemple, de l’eau qui va bouillir. Les cuisiniers ont ainsi l’art subtil de saisir cet instant précis qui précède l’action. 

 

Le frémissement, nous pouvons le ressentir à propos du patrimoine aéronautique. L’année 2009 aura été fertile à ce sujet avec beaucoup de « nouveaux »  avions anciens en vol ou en statique, en tout cas préservés de la destruction ou de l’oubli, mais aussi des archives personnelles confiées à des associations, des livres publiés ou des objets souvenirs sauvegardés...

Certes, il ne s’agit pas encore d’un mouvement structuré, mais il est en « frémissement »...

 

Ainsi, les fédérations aéronautiques prennent-elles conscience de l’importance du passé et de l’histoire pour les jeunes qui arrivent  dans les associations. 

 

Ainsi, l’Aéro-Club de France et sa commission Patrimoine renforcent-ils cette démarche essentielle de conserver la mémoire de l’aviation. 

Pour la première fois, Le ministère de la Culture prend, après de nombreuses rencontres avec l’Aéro-Club de France, la décision de nommer des experts en patrimoine aéronautique.

 

Ainsi, enfin, l’Aviation civile  prend-elle la mesure de l’importance de la préservation des archives et pas seulement des archives administratives, comme nous l’expliquent dans ces pages, 

Ariane Gilotte, archiviste de la DGAC, et Pierre Lauroua, responsable de la mission « Mémoire de l’Aviation civile ».

 

Autre symptôme intéressant, la Fondation du Patrimoine qui, jusqu’à présent, s’intéressait surtout au petit patrimoine architectural, commence à se tourner vers le patrimoine aéronautique. C’est le cas à Angers où la restauration de l’unique Cessna UC-78 Bobcat en Europe débute sous son patronage. Elle est relais pour l’introduction de mécènes dans l’opération et y apporte elle-même une partie du financement.

 

Il y a frémissement et c’est tant mieux. Il faut désormais passer à l’ébullition. Et pour y parvenir, il faut aussi des relais médiatiques aux collectionneurs et à tous ceux qui œuvrent dans le sens de la préservation de ce patrimoine qui nous tient à cœur. C’est l’ambition de Bleu Ciel Magazine que de leur donner une voix. 

La tâche est difficile pour produire une revue de qualité - gage de sa crédibilité - et ce numéro 4 vous montre que nous nous accrochons pour survivre.

 

En vous abonnant, en achetant Bleu Ciel Magazine et en en parlant autour de vous, vous nous aidez à garder le cap. Un grand merci à tous et, par anticipation, à ceux qui nous aideront à vous proposer une revue de référence dans notre petit monde aéronautique. 

 

Nous faisons tous partie du frémissement en cours…