Des hommes et l'Avion

COUV Des hommes et l'Avion

 

Si vous ne connaissez pas Gérard Desbois -au moins par ses écrits- vous perdez quelque chose ! Voilà un homme qui vit ses passions, car il existe des passions au sein même de LA passion. Gérard est passionné d'aviation. Voilà, c'est dit. Mais il va bien au-delà des aéronefs pour entrer dans la passion de son métier quotidien (mécanicien navigant d'essais), de son entreprise (Airbus), des hommes qui anime la "petite"aviation qu'il affectionne au moins autant que la "grande" qui le fait vivre.Son second livre nous entraîne dans son monde professionnel et personnel, les deux gravitant autour du plus lourd que l'air.

J'avais eu le plaisir et le privilège de publier, il y a quelques années, son premier livre, "Autour de l'Avion", toujours très demandé car il n'a pas pris une ride. Aujourd'hui, Gérard Desbois revient avec ce second opus préfacé par Claude Lelaie (excusez du peu!), "Des hommes et l'Avion". Il annonce d'emblée la couleur: on va parler des hommes. De ceux qui font l'aviation d'aujourd'hui, de ceux qui nous laisse un héritage. Des hommes avec ce qu'ils ont de grand et d'enthousiasmant et, parfois de lâcheté ou simplement d'inexistence dans un monde aéronautique toujours assoiffé de découvertes et de nouveaux territoires à explorer. Vous ferez vous-même la sélection qui s'impose...

On y parle aussi d'avions, évidemment. Du plus gros (le 380 à 575 tonnes) au plus petit, le Piper Cub. On est d'ailleurs surpris au fil de la lecture, de voir combien les pilotes de "gros avions", pilotes d'essais, ingénieurs navigants et techniciens sont aussi des hommes qui prennent leur plaisir à bord des petits monomoteurs de moins d'une tonne... Tout cela sent bon la convivialité, l'envie de partager cette liberté de voler comme celle de dire ce qu'on pense sans avoir à se faire des noeuds au cerveau.

J'ai beaucoup ri en lisant le manuscrit. Je sais que d'autres ont beaucoup ri aussi en lisant Gérard Desbois. Alors si vous avez besoin de quelques heures de détente en vous évadant de la grisaille ambiante, un seul remède: la lecture de "Des hommes et l'Avion". Il coûte le même prix qu'une consultation médicale et, s'il n'est pas remboursé par la Sécurité Sociale, il a au moins le mérite d'être efficace pendant plusieurs mois... avant relecture, gratuite cette fois ! 

R. Gaborieau - Bleu Ciel Editions.

"Des hommes et l'Avion", 25 € + port 4 €

 

L'avis de la critique


"Desbois est pilote privé pour le plaisir, et pour gagner sa croûte, il est ingénieur mécanicien navigant d’essais chez Airbus, ce qui lui permet de se comparer au Petit Jésus, car dans un cockpit, « il est assis entre le bœuf et l’âne ». À ce titre, il a été du vol inaugural du "géant qui murmure", l’Airbus A380, avion qui lui tient particulièrement à cœur et à qui il consacre des pages aussi passionnées que truculentes. Mais depuis avril 2005, Airbus a été placé sous le sceau du plan Power 8, consécutif à une série de problèmes industriels qui ont eu des conséquences désastreuses sur le plan financier et qui se traduisent par un "resserrage de ceinture" global.

Mais voilà : Gérard n’a pas sa plume dans sa poche et, amoureux de son métier et de son entreprise, n’hésite pas à dénoncer les dérives technocratiques d’une entreprise qu’il sent perdre son âme. Avec une liberté de ton absolument inédite, Gérard Desbois balance à tour de bras, et toujours avec style, sur la germanisation d’EADS (l’anecdote sur le Salon du Bourget 2009 est tout simplement hallucinante), sur les bévues de communications de l’entreprise qui semble avoir oublié qu’avant d’être une multinationale hyper-rentable, elle se doit avant tout de produire des avions.

Et ces avions, Desbois les aime… Et les hommes avec qui il travaille également. Plusieurs des textes de ce livre sont des discours qu’il a eus à prononcer lors de pots de départ en retraite ou de changements de service. Celui qu’il a prononcé pour Claude Lelaie est un petit chef-d’œuvre d’humour et un hommage remarquable. Mais on retrouve également un autre grand moment de drôlerie avec la réponse toute savoureuse qu’il avait préparée pour un riverain grincheux d’avoir été victime d’un « dégazage en plein ciel par un A380 ». L’auteur ne déteste pas non plus se moquer de lui-même comme lorsqu’il déploie par erreur un toboggan d’évacuation en plein roulage de l’A380…"

(extrait de Frédéric Marsaly,Aérobibliothèque www.aerostories.org/~aerobiblio/).